Aménéh Moayedi

BIOGRAPHIE

Aménéh Moayedi nait en Iran, à Bouchehr (1980) sur les rives du Golfe Persique. Quelques mois plus tard, surgira dans le ciel de sa ville, le vacarme incessant des avions de chasse de la guerre Iran/Irak. 

Adolescente, elle affirme ses goûts pour les arts graphiques. Elle obtient à vingt ans une licence de graphisme avec la moyenne de 19/20.  Devenue adulte, et afin de perfectionner son français, elle quitte son pays pour Beyrouth. Car depuis des années, la jeune femme n’a qu’un but. La France. Arrivée à Charles de Gaulle, c’est à la faculté des lettres de Lille qu’elle va s’inscrire de 2012 à 2013 afin d’acquérir la maîtrise de notre langue et pouvoir poursuivre ensuite ses études graphiques à l’École supérieure d’art de Cambrai tout proche. Pour son premier contact on lui demande quel pourrait être son projet lors de sa sortie de l’école. Arrive comme une évidence : le tapis. Persan bien sûr. Elle en refait l’historique et les techniques, un livre naît dont elle assurera la mise en page, la reliure et l’ornementation. Deux ans plus tard elle obtient le Diplôme national supérieur d’expression plastique, un master. On est en 2015. Paris enfin. La chance et une rencontre décisive lui permettent d’entrer à La Cité des Arts. De sa chambre près de la Seine son paysage du premier matin est une cathédrale : Notre-Dame. Rencontres en tout genre d’artistes étrangers, musiciens, peintres, comédiens, venus d’Afrique, d’Israël ou de Palestine. Nouveaux amis donc, nouvelles alliances, des projets communs se font, se défont. Elle se met à peindre, dessine les cartons de deux tapis modernes, qu’elle fait exécuter en soie et laine dans un atelier réputé du centre Iran. Elle baptise l’un d’eux : Trou noir de l’espace.

Encre noire de Chine, huile, acrylique, Aménéh s’active, les toiles sont chères, alors elle utilise l’isorel, le carton et le papier froissé. Les expositions s’enchaînent, trois à Paris, une à Dresde en Allemagne, à Nice, au Tréport, puis pendant les soixante jours du confinement, c’est une image par jour pour les internautes, «Chez moi, chez vous», dessins vivants, stellaires, animés et parsemés de bulles voyageuses, de grimaces, de couleurs fluo, elle s’amuse et jubile des mini-farces écrites en numérique aux confinés propulsées dans l’espace par le Net. Aménéh Moayedi notre Iranienne francophile préparée depuis l’enfance par une famille qui lui a donné à lire Victor Hugo, Rimbaud ou encore Balzac et Michel Foucauld, est jeune et vivante. Belle en plus, ce qui est encore un talent.
 

Aménéh Moayedi à la galerie Marie-Claude Duchosal :

Exposition personnelle :

  • 4 – 27 mars 2021 « Mélancholia »